En ce beau samedi d’octobre, le soleil est au rendez-vous, ainsi que
de nombreux  participants de quatre amap, réunis autour de Marie et Ludo, fournisseurs de notre pain en or:
Deux Amap de Lyon avec Zolamap et nous,  l’amap de Chessy les mines, inclus dans l’association Mines de liens, et une petite amap locale, créée autour de notre couple de viticulteur/boulanger.

Notre hôte nous fait l’article tout en nous racontant pourquoi nous sommes ici, en plus de nous faire l’honneur de nous raconter leur histoire personnelle.

Nous sommes ici pour une opération bien définie:
D’après ce que j’ai compris, Ludo et d’autres agriculteurs du coin, souhaitent redonner vie à d’anciennes variétés de blé et surtout retrouver une certaine autonomie envers les semenciers. Pour ça, Marie et Ludo ont planté en petite quantité pleins de variétés différentes de blé. Le but de la journée est de partir de l’épi de blé, trié sur le volet, et d’arriver à n’avoir que les graines pour de nouvelles plantations qui seront multipliées d’année en année.
Si vous ne le savez pas, les agriculteurs sont astreints à acheter leurs semences chaque année.
Il n’ont pas le droit de produire les leurs et faire leur métier dans sa globalité. Ce droit semble être astreint à la superficie de l’exploitation. Europe quand tu nous tiens.

Aller. On arrête là le côté pompeux de l’histoire. Ici, tout le monde à le sourire et est prêt à la tâche.

Nous arrivons dans la cour. Une grande table y est dressée. Non, non. On est pas là pour manger. Elle est juste là pour le labeur. Ludo arrive avec ses incontournables sacs en papier, tous remplis d’épis de blé de différentes sortes.
Moi, ce que j’en ai retenu, c’est qu’il y en a des poilus et des moins poilus.


La première étape consiste à trier les épis d’une même variété. Ici on ne supporte pas les mélanges. Les spécimens hors normes sont mis à la poubelle. Heureusement que c’est pas comme ça chez les humains (hum, hum).

Quand je vous dis qu’il y a du monde, il n’y a qu’a jeter une œil sur cette photo:


Passons à l’étape suivante: Il s’agit de séparer la graine de tout ce qui l’entoure. Pour ça, Ludo a mis au point une technique, technologiquement très pointue, qui lui a pris un temps fou et qui est très fastidieuse à mettre en œuvre. Tiens. Je te mets la photo de la technique, c’est plus parlant et puis, a ce stade de la note,  j’ai décidé de te tutoyer, parce qu’au fond, je t’aime bien.


La technique de Ludo: Tu prends un sac. Tu mets les épis triés dedans, et tu cognes comme un dinguo parterre. Notre délicat Guillaume et sa douce compagne s’en sont donnés à cœur joie.

Ensuite on a ça:


Et là on se dit qu’on a bien bossé et qu’on a plus qu’a partir. Ben en fait, non.

On se redirige vers la grande table, on renverse le SacATappage et on recommence à trier.


Il faut enlever grossièrement les impuretés qui ne sont pas des graines. En règle générale se sont des petites brindilles.

Ah y’eeeessssst. J’ai finiiiiii.

Et ben non. Ludo il a dit que c’était pas encore fini. C’est là qu’on se dit que, si ils avaient du faire ça que tous les deux, ça aurait pris un temps fou. L’amap prend là tout son sens: donner un coup de main aux agriculteurs quand ils en ont besoin.

Il reste a ne garder que les graines complètement séparer des résidus de coquilles (bon ben là, je ne me souviens plus du nom. Enveloppe peut être?).
Cette fois ci encore, Ludo a mis au point une machine de guerre à ne pas mettre entre toutes les mains: Le sèche cheveux de Marie et les bacs à linge de la famille.


Le principe est de faire tomber la graine dans le bac, pendant que l’enveloppe, plus légère, tombe à côté. Je pense que les poules vont se régaler. De toute façon, elles vont se régaler, car, tous les déchets du tri ont été récolté soigneusement pour elles.

C’est fini là??? Et oui. Voilà le résultat:


Marie nous montrera une vannerie utilisée pour réaliser cette même tache. Bien sur, elle nous a dit le nom et bien sur, je l’ai oublié.


Ce fut une belle expérience pour beaucoup d’entre nous. Les quelques uns, plutôt nombreux qui sont restés jusqu’au bout ont été accueilli autour des productions de nos hôtes: du sucré, du salé, du jus  de fruit avec et sans alcool. Un moment d’échanges entre les amaps.

J’ai pour ma part passé un superbe moment. Je pense que ça a été le cas pour nombre d’entre nous. La prochaine étape consistera à planter toutes ces petites graines dans des petits pots avant des les mettre en champ à la sortie de l’hivers.

Un futur atelier peut être ?

2 réponses à “Séparer le bon grain et l’ivraie”
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Comments
  1. Ludo dit :

    Salut les amapopotiens !
    Merci encore pour ce bon coup de main.
    Merci Thierry pour ce reportage agricole sur le front d’une petite paysannerie en train de se réinventer une bonne raison d’exister.
    A tous ceux qui étaient là pour partager ces instants de vie autour de ces précieuse petites graines de froment; à tous les autres amapiens qui n’ont pas pu venir mais qui croient en une autre forme d’agriculture en tranchant notre pain chaque semaine; croyez bien que pour Marie, Ludo et toute la famille, votre chaleureuse compagnie, le chuchotement des épis sur les tables de tri, le tintement des graines dans les « Sacs à tapage » et l’envol des balles du rare froment, nous laisse un merveilleux parfum de solidarité.
    Au nom de toute la famille GROS, MERCI !
    Marie, Ludo, Marie-Lou, Laurette, Eloi et Pierre-Louis.

  2. Bon sang, ce que tu écris bien Thierry ! Lire tes reportages, c’est toujours un bon moment instructif et plein d’humour. Merci de nous intéresser d’une façon aussi ludique à ce travail important que nous soutenons sans trop nous impliquer, je parle pour moi. La prochaine fois, je lirai mes mails de plus près !! Merci à toi et à bientôt dans un futur atelier !

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